Simone Weil

(3 février 1909 - 24 août 1943)

 

Simone Weil, philosophe et écrivain, née le 3 février 1909 à  Paris, a eu un parcours étonnant qui révèle la grande originalité et l'incroyable richesse intérieure de son être.

 

Issue d’une famille juive et d’un milieu bourgeois, elle évolua au cours de sa vie vers le Christianisme et côtoya volontairement les couches sociales les plus défavorisées.

Animée par un idéal absolu de Justice et de Liberté, elle n’hésita pas à remettre en question ses conditionnements de base pour chercher à toucher ce qu’il y a de plus vrai, de plus pur, de plus authentique (Yod sur Soleil Verseau ascendant Sagittaire).

Pour cela elle a dû vaincre en elle des contradictions qui la divisaient et la faisaient souffrir profondément (modèle Balançoire avec deux groupes de planètes opposés).

 

En effet, d’un côté, elle possédait une pensée brillante, très intellectuelle. Elle entra très jeune à l’Ecole Normale Supérieure et obtint facilement l’Agrégation de philosophie.

Elle devint enseignante et se mêla très tôt, par son niveau social et intellectuel, aux hautes couches politiques de la société (Soleil et Mercure en Verseau et Asc et nœud sud en Sagittaire).

Cette part d’elle reflétait parfaitement son masque social et extérieur qui lui valut d’être reconnue mais pourtant, il était en total contradiction avec son être intérieur.

Dans sa nature intérieure profonde, elle possédait une extrême sensibilité, une dévotion mystique qu’elle avait du mal à exprimer et qui ne correspondait pas du tout aux comportements et idées de l’époque. En effet sa pensée très abstraite et intellectuelle créait un carcan rigide qui étouffait sa sensibilité. Cela s’est d’ailleurs traduit par de fortes migraines qui l’ont fait énormément souffrir (Yod sur Lune conjoint Neptune intercepté en Cancer maison VII carré Saturne et configuration Radeau : refoulement des émotions et de la sensibilité).

 

Les tensions intérieures qu’elle vivait entre sa pensée trop intellectuelle et sa fine sensibilité (yods sur Soleil et sur Lune) l’amena à vivre une profonde dépression (Lune noire en VIII) dans laquelle elle reçut la grâce de rencontrer le Christ, à l’âge de 29 ans en 1938 (configuration Maison avec le Soleil en focus en Verseau : nouvel état d’esprit créateur, vision de la réalité derrière l’apparence).

A la suite de cette expérience, elle s’engagea totalement dans son cheminement spirituel en entamant un travail de purification extrême sur elle-même (son égo) pour laisser la place à sa part surnaturelle,  son Ame (Jupiter, maitre d’ascendant en Vierge maison VIII : purification et configuration Radeau : travail sur son inconscient).

Voici une de ses affirmations : « La Pureté n’abolit pas la souffrance, elle la creuse au contraire à l’infini, mais lui donne un sens éternel. L’extrême grandeur du Christianisme vient de ce qu’il ne cherche pas un remède surnaturel contre la souffrance, mais un usage surnaturel de la souffrance ».

 

Sa nature idéaliste et passionnée lui donnait un côté extrémiste et révolutionnaire qui l’amena à militer pour la cause des opprimés et lui attira quelque fois des problèmes avec l’autorité des institutions en place (Jupiter en Vierge en T-Carré avec Mars et Pluton).

Elle exprimait son idéal de Vérité d’une manière si absolue qu’elle ne tenait pas toujours compte des contingences matérielles et extérieures (Lune noire en Vierge en VIII).

Lorsqu’elle épousait une cause, elle s’engageait totalement pour en faire une réelle expérience, vécue et solide. Cela lui permettait de déjouer les pièges de sa pensée trop abstraite et froide et de contacter la profondeur de sa sensibilité.

Ainsi afin de mieux se relier aux problèmes des ouvriers de l’époque, elle renonça aux privilèges de son rang et se fit embaucher comme fraiseuse à l’usine Renault pour expérimenter les conditions de vie miséreuse.

Plus tard, elle partit à la guerre d’Espagne en tant que soldat pour éprouver le sort de ceux ci.

Grâce à son idéal, elle puisait en elle une force intérieure qui lui donnait le courage de dépasser les conditions les plus rudes et difficiles (T-Carré avec Mars et Pluton).

Elle disait : « Est pure l’action qu’on peut accomplir en maintenant l’intention totalement orientée vers le bien pur et impossible, sans se voiler par aucun mensonge ni l’attrait ni l’impossibilité du bien pur ».

 

Ses réflexions, rassemblés et édités par un de ses amis dans le livre « La pesanteur et la grâce » sont un témoignage des profondes vérités qu’elle a pu expérimenter intérieurement à travers sa démarche de transcendance d’elle-même (Nœud Nord = but de vie en Gémeaux).

Ses écrits traduisent sa volonté de se dépouiller de tout ce qui n’est pas essentiel, de créer en elle un vide sacré dans lequel la grâce peut survenir (Nœud nord conjoint Pluton : l’accès à l’essentiel).

 

En étudiant profondément ses notes, on peut ressentir une unification s’amorcer en soi car l’auteur apporte des clés pour dépasser toutes les formes de dualités, de contradictions qui nous limitent et nous divisent, notamment en cultivant des qualités de détachement et d’élévation :

« La corrélation des contradictoires est détachement. Un attachement à une chose particulière ne peut être détruit que par un attachement incompatible. C’est pourquoi : « Aimez vos ennemis… Celui qui ne hait pas son père et sa mère… » Ou on s’est soumis les contraires, ou on est soumis aux contraires». « Le bien se définit toujours par l’union des contraires ».

 

Voici un autre extrait qui nous aide à nous élever au-dessus du mal pour mieux saisir le bien :

«Ce que le mal viole, ce n’est pas le bien, car le bien est inviolable ; on ne viole qu’un bien dégradé. Ce qui est directement contraire à un mal n’est jamais de l’ordre du bien supérieur. A peine au-dessus du mal, souvent ! Exemples : vol et respect bourgeois de la propriété, adultère et « honnête femme » ; caisse d’épargne et gaspillage ; mensonge et « sincérité » (Nœud nord en Gémeaux : sortir de la dualité, conjoint Pluton : détachement et compréhension du mal).

 

Simone Weil est morte en 1943 en raison de problèmes de santé. Elle a atteint, lors de son court passage sur la Terre, son but de vie et nous a laissé à travers son modèle et ses écrits un beau message de guérison et d’espérance.

 

Sylvianne